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De Palmas : "La scène est une récompense"

De Palmas : "La scène est une récompense"

DERNIERE MISE À JOUR : LE VENDREDI 09 JUIN 2017

Le 17 juin à 19h, Gérald De Palmas fait escale à Juvisy à l’occasion de la Fête de la ville. En attendant son concert gratuit dans le parc de l’hôtel de ville, Gérald De Palmas nous parle de son dernier album "La beauté du geste" et nous livre quelques secrets sur son écriture, son travail en studio et son rapport à la scène.

Vous serez en concert à Juvisy le 17 juin. Vous allez notamment présenter votre dernier opus La beauté du geste. Que représente cet album pour vous ? Quels messages avez-vous souhaité faire passer ?

Gérald De Palmas : Oui, je vais interpréter des chansons de cet album. Ça fait plus d’un an que cet album est sorti, alors j’essaie de m’en détacher un peu sur scène, en explorant de nouveaux arrangements. J’aborde de nouveaux thèmes aussi, comme la violence, un sujet qui me touche particulièrement ces derniers temps. J’essaie de comprendre comment fonctionne la violence, quels sont ses mécanismes. C’est un trait de caractère de la nature humaine, c’est en chacun de nous.

Est-ce que vous vous inspirez d’évènements vécus ?

Gérald De Palmas : Oui, en partie. C’est un mélange de choses que j’ai vécues, de ce que je vois autour de moi, de ce que je lis dans des romans, de ce que je regarde au cinéma. Ce sont plusieurs ingrédients qui se mélangent les uns aux autres. Ce ne sont pas des textes autobiographiques, c’est un mélange de tout ce que je vis et j’observe.

Pourquoi cet intérêt pour la violence ?

Gérald De Palmas :Je veux comprendre d’où ça vient, d’où ça naît. J’imagine que ça peut venir de notre égo ou de notre frustration. Je me fonde sur ce que j’observe autour du moi.

Vous avez grandi sur l’île de la Réunion.  Vous y êtes retourné récemment et vous avez écrit en partie les textes de votre dernier album là-bas. Qu’est-ce que ce lieu représente pour vous ? Vous-aide-t-il à trouver l’inspiration ?

Gérald De Palmas : Oui, en effet, j’y suis né. Entre 20 et 45 ans, je n’y suis pas beaucoup allé, ça m’a manqué. J’ai eu envie d’un « revival ». J’ai éprouvé le besoin de repartir là-bas. Après, je bouge beaucoup. Je suis souvent sur la route (rires).  Je suis actuellement en Normandie, là où j’avais commencé à écrire cet album. Bien-sûr que les lieux où je vis m’inspirent pour écrire mes chansons. Tout ce qu’on vit et tout ce qui se passe autour de nous, ça nous conditionne au moment de composer et d’écrire.

Vous avez changé votre méthode de travail en écrivant les textes avant les mélodies. Pourquoi avoir fait ce choix ?

Gérald De Palmas : Quand on compose une mélodie, on détermine un nombre de pas auquel le texte doit ensuite se plier. C’est finalement une forme de carcan de devoir tenir compte du nombre de pieds au moment d’écrire les textes. C’est ce que j’ai vécu pendant près de 25 ans avec tous les albums que j’ai précédemment enregistrés. C’est devenu frustrant et j’ai voulu me libérer de ce carcan.J'avais envie de pouvoir écrire à ma guise, tout en faisant des rimes bien-sûr,de développer une écriture plus libre. En fonctionnant ainsi, c’est-à-dire en écrivant les textes avant de composer les mélodies, j’ai pu dire plus de choses, à l’image du rap ou du slam qui sont des formes musicales qui donnent toute sa place à l’écriture. J’ai pris ces genres musicaux comme modèles car ils débitent un nombre de mots impressionnant par chanson. Et c’est bien plus compliqué, voire impossible, de faire ça lorsqu’on est contraint par la mélodie. Je vivais donc mal le fait d’être limité en nombre de mots, j’avais l’impression de ne pas pouvoir dire tout ce que je souhaitais. Les textes de musique pop sont souvent considérés comme légers, justement parce que l’on ne peut pas entrer dans le fond des choses. Ceux qui s’en sortent le mieux dans cet exercice, parlent beaucoup. C’est le cas de Renaud par exemple qui utilise beaucoup de mots dans ses textes. Gainsbourg parvenait à merveille à dire beaucoup en peu de mots, mais c’est un grand nom de la chanson.

Pourquoi avez-vous choisi d’enregistrer votre album dans les conditions du live ?

Gérald De Palmas : J’ai appris, avec l’expérience, que les bonnes versions se font dans les deux ou trois premières prises, car il y a un élan créatif. On joue avec ses tripes dans ces premiers instants d’enregistrement. Après, ça devient plus dur car notre cerveau prend le relais. Il y a certes moins d’erreurs techniques, on est plus « en place » comme on dit. Mais ça crée aussi une forme de rigidité. On manque alors de spontanéité et on perd cette espèce de fragilité qui s’exprime dans l’élan créatif. Vous savez, en studio, on peut même enregistrer instrument par instrument, sans que l’on ait besoin de jouer ensemble. Mais c’est un tue-l’amour pour moi. Jouer ensemble, ça crée une tension dans laquelle les musiciens s’impliquent à fond. Personne ne souhaite être celui qui va faire rater la version. J’adore cette tension ! En studio, j’enregistre toujours dès le début et surtout dans les conditions du live. Ça demande beaucoup de concentration. Je la compare souvent à celle d’un pilote de Formule 1, mais là, c’est peut-être mon égo d’artiste qui parle (rires). Mais il y a quelque chose de semblable en musique. Il faut être présent au bon moment, il faut être sur le coup.

Qu’est-ce que vous apporte la scène ?

Gérald De Palmas :Quand on est en période de composition, on se retrouve seul dans notre travail au quotidien. Alors quand vient le moment de la tournée, c’est un peu un soulagement. Je crois que c’est un bon équilibre entre la solitude de la composition et l’effervescence de la scène. Après plusieurs mois d’écriture,bien que j’affectionne cette solitude du compositeur, on a un certain ras-le-bol en nous, et la scène devient une récompense. C’est plaisant de jouer avec ses musiciens et devant son public.

Avez-vous prévu de jouer quelques-unes de vos chansons emblématiques comme Sur la route ou J’en rêve encore lors du concert du 17 juin ?

Gérald De Palmas :Oui, nous jouons toujours les anciennes chansons ! Nous avons toujours le même plaisir à les interpréter, d’autant plus que j’adore changer les arrangements de mes chansons à chaque tournée. Je suis musicien avant tout. La guitare folk est mon instrument et j’adore mettre du sang-neuf dans mes chansons grâce à elle. Je découvre parfois mon public avec les yeux écarquillés car les fans sont étonnés par mes nouveaux arrangements, c’est drôle ! 

 

Propos recueillis par Antoine Hamon, journaliste pour le Grand-Orly Seine Bièvre

Crédit photo : Denis Rouvre